PRO D2/ SC ALBI-NARBONNE 11-14
mi-temps 5-6
Stadium Municipal ALBI : Maurice Charbonnières
Temps froid et pluvieux
Terrain gorgé d’eau par endroits.
4 400 Spectateurs
Arbitre : David Rosich (Armagnac Bigorre)
SC.ALBI
Palis- Voretamaya, Hecker, Bonnet (Kaiser 63°), Todua (Poujol 72°)(o) Barthelemy (Bouillon 55°), (m) Marques, Baluc Rittener (cap), Loïc Mondoulet, Jérôme Mondoulet (Calas 68°), Damiani, Maisuradze (Corréa 60°)- Prime ( Kwarazfelia 43°), Ponnau (Djebablah 43°) , Dedieu (Tretrashvili 43°)
1 essai : Voretamaya 23°
2 Pénalités : Marques 48°- Bouillon 67°
NARBONNE
Huxley- Vunisa, Poirenaud, Vakacegu, Folley (Hegarty 64°)-( o) Ruiz, (Etienne 70°),(m) Valentine (cap), Tuilagi ( Malet 76°), Jenkins, Beaux, Furno, Strauss, (Aurignac 64°) , Neveu, (Marich 57°), Vuli (Algisi 52°), Petit (List 55°)
1 essai : Jenkins 71°
3 Pénalités : Riuz 30°.-40°-Huxley 75°
Carton Jaune : Valentine 51°(brutalité)
LE MATCH DE LA DECEPTION
Les Audois de Narbonne ont réussi la première étape de leur pari : gagner leurs cinq dernières rencontres à disputer pour tenter de se glisser à la hauteur des qualifiés même si cette hypothèse s’est éloignée depuis leur défaite à Aix. Et les Albigeois ont perdu le leur : celui de rester invaincus pour les trois dernières rencontres restant à disputer à la maison. Dans les vestiaires albigeoises c’est la « tête des mauvais jours ». « Bien sûr que c’est décevant lorsqu’on perd à la maison. Encore que la victoire des Narbonnais n’est pas du tout usurpée. Nous avons été beaucoup trop dominés en mêlée où on a été très pénalisés, en touche où nous avons été incapables de les contrer alors qu’ils nous ont contré assez souvent » reconnaissait lors de la conférence d’après match, Henry Broncan, lequel reprochait à ses hommes « tous ces actes de folie notamment sur la dernière pénalité où l’on n’est pas en danger puisque c’est eux qui manquent la touche et que l’on récupère le ballon à quatre contre un. Il a eu des actions techniques indignes de la Pro D 2. ».
« Ce n’a pas été un très grand match , c’est un match d’arrière saison, on le sentait . Un match entre deux équipes qui n’avaient pas trop la tête à la rencontre. J’espère que l’on sera meilleurs lors des quatre derniers matches, parce qu’aujourd’hui cela était un peu triste. Je ne reproche rien à mes joueurs car nous n’avons pas un réservoir inépuisable. C’est collectivement que rien n’a fonctionné en première mi-temps où la touche a été catastrophique. Vous êtes dans les 22 , vous jetez des ballons. Et puis ce manque de maturité qui nous a coûté cher très souvent cette saison. Sur des actions très, très simples, on est incapable de faire quelque chose de très simple. En rugby cela ne pardonne pas. Bravo à Narbonne pour leur succès, l’équipe le mérite».
Grande déception donc dans le camp des Albigeois incapables de rééditer la prestation face à Carcassonne..
Après que l’ex-roi du sprint et ancien ministre des sports, Roger Bambuk, eu donné le coup d’envoi de cette rencontre jouée sur un terrain gras, par un temps pluvieux et froid devant une assistance moyenne, dès la première action, dès le coup d’envoi donné par les Narbonnais, les Albigeois se voient offrir la première mêlée dans leurs 40 et la première pénalité sur faute adverse. Cette première pénaltouche au bénéfice des « jaune et noir », est « vendangée ». Puis c’est la première escarmouche qui voit les audois, bénéficier d’une pénal-touche dans les 22 albigeois. Balle portée jusque dans l’en-but des albigeois, mais l’arbitre après consultation de son adjoint, refuse l’essai. Incontestablement, vu le matériel ( à l’accent très anglais !) déplacé aux pieds de Ste Cécile, les Audois ne se sont pas venus faire de la figuration. Certes la tentative de drop ratée depuis les 40 narbonnais de Romain Barthélémy ( 18°) pouvait laisser supposer des velléités offensives pour la troupe sous commandement de Laurent Baluc-Rittener dont c’était le retour après quelques semaines d’absence sur blessure. D’ailleurs au terme de 23 minutes d’un jeu évoluant d’un camp à l’autre sans qu’il soit particulièrement illuminé par de très nombreuses chandelles, c’est l’ailier Vénone Voretamaya qui grille la politesse à la défense adverse pour aller marque en coin son 9ème essai de la saison. (5-0). Il y a plus mauvais début de match que celui là.
Mais seulement voilà, nouvelle pénalité accordée pour faute adverse et nouvelle pénal-touche qui conduit le jeu dans les 30 mètres audois , une nouvelle fois le cuir est cafouillé, mais Albi se voit accorder une nouvelle mêlée dans les 30 adverses. Sans résultat. On joue depuis une demie heure , Christopher Ruiz se voit offrir d’ouvrir le score sur pénalité accordée aux 22 face aux poteaux ( 5-3 à la 30°). S’en suit une belle action albigeoise qui voit Geoffrey Palis qui a fait le trou expédier le cuir en catastrophe vers Alexander Todua totament démarqué . L’ailier géorgien a été le meilleur des albigeois. Baptiste Hecker « Cela n’a pas bien fonctionné pour nous. C’est un match joué dans des conditions délicates que nous n’avons pas joué . Nous aurions dû jouer un peu plus car nous avons créé des espaces après un bon travail devant. Cela ne nous a pas souri. On a tombé quelques ballons, nous n’avons pas concrétisées nos actions. Quand on perd ou que l’on gagne c’est toute l’équipe qui perd ou qui gagne. Derrière nous avons touché moins de ballons. Même si nous n’avons plus grand chose à espérer dans ce championnat, il nous faut gagner les matches surtout devant notre public pour bien finir la saison ».
Et pour gagner il faut la volonté et peut-être aussi un peu de chance. Premier coup du sort favorable : à la 35ème minute, les Audois ont la possibilité de passer Albi sur une pénalité 40 mètres en bonne position. Alexander Ruiz dont on connaît le coup de pied meurtrier rate les perches ce qui n’est pas dans ses habitudes. Un signe du destin ? Pas vraiment : puisque 4 minutes plus tard ( 42ème), le buteur audois ne rate pas les perches 30 mètres face aux poteaux suite à un hors jeu des locaux. Le score bascule en faveur des Audois 5-6 . C’est le score à la mi-temps. Mais rien n’est encore perdu, tout est possible après les « citrons.
DEUXIEME ACTE. »
Rémy Ladauge (co-entraîneur)« Au vue des conditions climatiques nous avions demandé aux joueurs de s’appuyer sur une grosse conquête, un jeu au pied d’occupation et du jeu groupé. On s’est rendu compte que dans ce genre de conditions climatiques, c’est récurent depuis le début de la saison, nous avons du mal à nous imposer dès qu’il y a un peu de pluie sur le jeu d’avants, le jeu de conquête . Les joueurs ont respecté le plan de jeu et cela s’est joué à trois détails . Si nous avions mis plus de volume on se serait imposé , la question est là. Il va falloir aller gagner à Aix pour se prouver que nous sommes capables de gagner à l’extérieur avant les gros matches à venir à la maison avec Brive et La Rochelle. C’est sûr que l’on a une fin de saison intéressante pour faire honneur au club».
Avant d’envisager les prochaines rencontres fallait –il déjà remporter celle face aux Audois et pour cela profiter de toutes les opportunités comme celles qui se présentent dès la 48ème minute : le pack « jaune et noir » provoque une faute des audois, mais Samuel Marques rate la pénalités 48 mètres face aux poteaux. Il récidivera à la 44ème, 45 mètres face aux poteaux et à la 50ème, 30 mètres en coin. De telles maladresses se payent .
Certes , dès la 48ème , il se rattrape 22 mètres face aux poteaux (8-6). Sur un opportuniste coup de pied à suivre de Romain Barthélémy, l’ailier Alexander Todua échoue à 15 mètres de la terre promise (50ème). Il repasse les plats à la 58ème. Nouvelle pénalité ratée de Ruiz (62ème) 22 mètres en bonne position. Puis c’est Sylvain Bouillon, entré à l’ouverture à la place de Barthélémy ( 55ème), qui , des 22 audois, en moyen position, creuse l’écart 11-6. L’issue de la rencontre qui reste certes encore incertaine, paraît devoir sourrire aux Albigeois. Il faut tout de même savoir que le tournant du match s’est situé au début de la deuxième période où les albigeois ne marqueront que trois petits points en héritant de cinq pénalités. Trois tentées, une réussie, et deux pénaltouches qui n’amènent aucun point. Un beau cadeau pour les audois qui ont évolué à 14 après le carton jaune de leur demi de mêlée Joshua Valentine (51ème ) .
Et c’est à la 71ème minute le coup de massue . Suite à un lancer à la touche aux 50 mal négocié, s’ajoute un placage haut de la part des albigeois pas très évident qui est sanctionné par l’arbitre. Narbonne choisi la pénaltouche pour se rapprocher de la ligne de but. Et ce qui devait arrive : pénaltouche sur un hors jeu tarnais faisant suite à un mauvais dégagement dans leurs 22 des Albigeois : ballon porté, le pack enfonce son vis à vis et s’écroule en but pour un essai attribué au 3ème ligne Jonathon Jenkins. La transformation depuis la touche n’est pas réussie et c’est l’égalisation (11/11 71ème). Cela commence à sentir de roussi pour les locaux d’autant plus que, Ruiz étant sorti et remplacé par Etienne (70°), c’est l’arrière Julian Huxley qui envoi le cuir entre les barres ( 11-14 à la 74ème). Albi se montre capable de revenir. Et c’est le retour aux vestiaires la tête basse.
« Déçu. Parfois on fait des mauvais matches, et il y a tout qui se goupille mal » analyse en conférence de presse Laurent Baluc Rittener qui aurait souhaité un meilleur résultat pour son retour à la tête de ses troupes . « Tout n’est pas à jeter, parce qu’avec le vent , en menant pendant une bonne partie du match notamment en seconde mi-temps, on s’est dit que l’on allait passer. Peut-être qu’on se l’est trop dit. Et finalement je crois que l’on a manqué vraiment d’abnégation et de volonté. Ce qui est criard dans cette équipe c’est malheureusement cette irrégularité à ce niveau là. On a vu que l’on était passé à côté à Auch, on a fait un grand match de rugby contre Carcassonne, et on est à nouveau passé à côté , c’est dommage car je pense que Narbonne n’était pas dans un grand jour, donc cela a donné un mauvais match de rugby. Nous sommes déçus, pour nous, pour nos supporters. J’espère que l’on va relever la tête parce que le rugby ce n’est pas ça. Il va falloir remettre certaines valeurs. Les nombreuses pénalités dont nous avons sanctionné ne sont pas toujours de la faute de l’arbitre, c’est nous qui ne mettons pas les conditions pour faire un bon match. Il faudra se rattraper à Aix ».
LA CONQUÊTE DIFICIENTE
Un élément d’explication de Jean Christophe Bacca pour ce qui peut être considéré comme une contre performance dans la mesure où les Narbonnais étaient prenables : « On a beaucoup subi, notamment sur les phases de rucks, et avec une conquête au mieux à l’équilibre en deuxième mi-temps (NDLR les albigeois ont contré deux fois Narbonne sur la conquête, mais ont « vendangé » de nombreuses phases de conquête) et négative en première mi-temps, c’était dur de gagner ce match. Le comportement des Albigeois très approximatif en première mi-temps au niveau de la conquête, a été un peu mieux en seconde période, sans être flamboyante, une défense qui d’habitude est beaucoup plus agressive autour des rucks où nos adversaires ont réussi à avancer et donc on a été plutôt dominé dans ce secteur là. Les Narbonnais ont été plus réalistes avec leur expérience. Et après les occasions franches , notamment quand les Narbonnais se sont retrouvés à quatorze et que l’on ne met pas au fond, avec un maul où l’on meurt à 2 mètres de la ligne suivi d’ une pénalité qui permet à Narbonne de sortir la tête de l’eau. Et eux, quand ils sont sur leur s temps forts ,ils marquent. Nous sommes un peu habitués car on sait que ce groupe a besoin de mûrir. On aimerait qu’il mûrisse plus vite parce qu’on se rend compte que sur ces matches là, sous la pluie, cela revient toujours au même, ce sont toujours les mêmes scénarios. On a l’impression de tenir les matches que ce soit Oyonnax, Pau, que ce soit ce soir avec Narbonne et à l’arrivée on le perd. Cela devient récurent et nous pose pas mal de problèmes parce que nous n’arrivons pas à trouver de solutions par rapport à cet état de faits. Il va falloir reprendre le travail là dessus , mais c’est très compliqué d’inculquer à ce groupe jeune les petits détails qui font que l’on essaie de prendre le moins de points quand on ne sait pas en marquer. Nous avons été beaucoup trop pénalisés, ils ont trop joué chez nous . Quand nous avons l’occasion de sortir de notre camp il faut le faire et ne pas essayer de tenter des choses qui n’ont pas lieu d’être et s’appuyer sur une occupation beaucoup plus constante sur l’ensemble de la partie. Quand la conquête est défaillante , il faut avoir la capacité de jouer dans le camp de l’adversaire le plus longtemps possible ».
C’est du moins ce qu’a tenté de faire, l’arrière Geoffrey Palis en usant, voire abusant, mais parfois avec quelques succès, de petits coups de pied pour lui-même par dessus la défense adverse ou par des chandelles d’occupation du terrain : « Je ne crois pas que l’on perde le match pour ça. On perd sur les fondamentaux et la défense où on joue mal au pied . Ce qui n’a pas marché c’est la conquête. Nous n’avons pas su assurer la fin de match en utilisant le pied à bon escient ».
Maurice Charbonnières