PRO D 2 : SC. ALBI-AS. BÉZIERS HERAULT 34-6
mi-temps 10-6
Stadium Municipal Maurice Charbonnières
Temps couvert, puis pluie fine, terrain lourd, vent moyen.
5 000 Spectateurs environ.
Arbitre : Christophe Labonne (Ile de France)
SC. Albi :
Guitoune ; Palis, D’Andrea, Barthélémy (Kraska 68°),Poujol ( Andreu 72°); (o) Fournil, (m) Carabignac (Chateauraynaud 63°) ; Baluc-Rittener (cap) ( Sicardi 45°), Misse, Fourcade ; André, Damiani (Van der Westhuyzen 49°) ; Kwarazfelia ( Gau 49)), Maynadier ( Ponnau 63°), Gicollet (Frize 49°)
Remplaçants
5 Essais : Fourcade 18°- 43°-Palis 53°-Barthélémy 59°-Pénalite 63°)
3 Transformations Fournil 18°- 43°-63°
1Pénalité Fournil 6°-
AS BEZIERS HERAULT
Malié (Vidal 60°), ; Julien,(Bousquet 63°) Max, Mafi, Gmir ;(o) Cambérabero, (m) Howard (Siro 57°) ; Vahafolau, Ramoneda (cap) (Gerondeau 51°), Meïté ;Carpentier (Goze 60°), Smidt ; Narvaez (Bocca 51°), Acquier ( Vermaas 54°), Villaz (Fernades 51°)
Pénalités : Camberabero 29°-33°
Le fait du match : Laurent Baluc-Rittener se blesse aux cervicales et abandonne ses camarades après 45 minutes de jeu. Le capitaine albigeois doit passer des examens pour connaître l’ampleur du mal. Coup dur pour les albigeois à la veille de deux déplacements difficiles à La Rochelle et Grenoble.
Le capitaine albigeois explique sa blessure « C’est un problème aux cervicales que je traîne depuis quelques années, qui réapparaît aujourd’hui. On va faire le point avec le staff médical et essayer de soigner ça le mieux possible ».
Voilà le seul point noir d’une soirée certes gâchée par une pluie fine mais qui n’aura maintenu le suspens que durant la première mi-temps.
ET TROIS ET QUATRE ET CINQ ESSAIS POUR LE MAINTIEN
Henry Broncan : « Ce groupe est notre force »
Laurent Baluc- Rittener « on constate l’évolution positive de l’équipe. On est heureux d’avoir offert en deux rencontres neuf essais à notre public qui nous soutient »
«Très humblement on peut ne plus regarder vers le bas mais vers le haut »
Jean Christophe Bacca : « Maintenant on va aller voir si on peut maintenir un niveau de jeu cohérent
Cette rencontre devait démarre avec le forfait de Baptiste Hecker, blessé au mollet qui devait céder sa place de titulaire à D’Andréa , tandis que Andreu rentrait sur le banc des remplaçants.
Le capitaine Laurent Baluc -Rittener en une phrase résumait le sentiment partagé par le groupe au terme de cette rencontre qui s’est soldée par une très large victoire albigeoise (et un tour d’honneur) avec, à la clé, cinq essais, ce qui constitue une première cette année et est synonyme de quasi maintien en Pro D 2 et plus si affinité !: « C’est vrai que l’on est très heureux ce soir d’atteindre l’objectif que nous nous étions fixé en début de saison où on avait perdu à Béziers et à Narbonne. On a vu l’évolution positive de l’équipe qui a progressée depuis l’intersaison. Pierre après pierre on a bâti ce qui nous était proposé et on est très heureux ce soir d’offrir ces deux bonus offensifs et ses neuf essais en deux rencontres à notre public qui nous soutien toujours avec autant de flamme . On se régale, j’espère que le public aussi. Notre objectif était aussi de remplir le stade jusqu’à la fin de la saison. Il y a de plus en plus de monde . Aujourd’hui on va pouvoir souffler une peu et repartir l’esprit serein et plein d’engouement positif pour affronter les deux grosses pointures du championnat ».
Certes, après une entame pas aussi flamboyante que contre Narbonne, les Albigeois menaient tout de même 10-0 à la 18eme minute suite à une pénalité réussie par l’incontournable Thomas Fournil 15 mètres face aux poteaux (6eme) puis un essai tout en puissance de Florent Fourcade. Cette action démarre sur une pénalité accordée aux albigeois dans leur camp. Thomas Fournil trouve une magistrale touche dans les quinze mètres adverses. César Damiani est impéccable sur la prise de balle. Un maul dévastateur et Florent Fourcade sort du paquet et pointe en but. L’essai sera transformé . 10/0.
Toutefois c’étaient les héraultais qui, pour prouver qu’ils n’étaient venus en Albigeois pour faire du tourisme mais avec comme objectif de grappiller quelques points pour sortir de la zone rouge, avaient posé les premières banderilles par Mathieu Camberabéro qui, dès la première mêlée, tente le drop. C’est raté.
A la 13eme minute le même Canberabero loupait les perches sur une pénalité des 40 mètres en moyenne position.
Laurent Baluc Rittener explique : « La première mi-temps a été, c’est vrai, compliquée mais on a mené 10 à zéro. Nous avons fait une bonne entame, ensuite on est tombé sur un pack très lourd, avec les conditions climatiques qui nous ont posé des soucis dans la conquête »
A l’évidence, le terrain lourd et les conditions climatiques n’ont pas permis la pratique du jeu d’attaque , encore que….. Les albigeois faisant jeu égal avec leur adversair, il fut nécessaire d’attendre la 28eme minute pour que Béziers, par son butteur et demi d’ouverture Mathieu Cambérabéro, débloque son compteur suite à une faute sifflée contre Albi aux abords de la ligne médiane.(10-3). Puis il repassait les plats à la 32eme 38 mètres face aux poteaux. (10-6)
Le score restera inchangé jusqu’aux citrons. Rien n’est encore joué. Le doute est évidemment dans l’esprit des « Jaune et Noir » à l’heure des citrons.
DEUXIEME ACTE
Henry Broncan « Une première mi-temps difficile cette fois- ci alors que l’on avait fait un très bon début de match contre Narbonne, et puis 20 minutes en seconde mi-temps euphoriques parce que simplement on a respecté le jeu, c’est à dire en s’adaptant à la pluie. En deuxième mi-temps on s’est enfin décidé à occuper le terrain sans faire de passe dans la défense , ce qui avait été la grosse faute en première mi-temps où nous avons été assez apathiques, assez lents, amorphes. Par la suite ça s’est ouvert et on a fait 25 minutes de bonne qualité ».
Cette période de « bonne qualité »se traduira tout d’abord par un copie-collé de la part de Florent Fourcade suite à une belle percée de Maxime Carabignac relayé par Poujol qui tente une transversale vers Palis, le Cuir est en touche favorable à Albi. Prise de balle impeccable sur le lancer albigeois, maul et Florent Fourcade une nouvelle fois extrait le cuir du pack des avants pour plonger en terre promise pour le deuxième essai qui sera également transformé (17-6). On joue depuis 3 minutes en seconde période.(43°)
Florent Fourcade : « deux essais dans une rencontre c’est une première pour moi, je ne suis pas trop habitué, c’est sûr que je suis content . C’est flatteur pour moi mais ce sont les copains ont fait tout le boulot »
Laurent Baluc Rittener blessé aux cervicales, abandonne ses camarades remplacé par Ciccardi.
Privé de son capitaine certes, mais dès avant cette blessure, les albigeois avaient pris la rencontre à leur compte. Dès lors Béziers ne jouera plus que les faire-valoir.
C’est tout d’abord Geoffrey Palis qui se voit refuser un essai en coin tandis que l’arbitre revient à une faute contre Béziers côté opposé, de l’endroit où était partie cette action.
Mais c’était reculer pour mieux sauter : une minute après (53eme) , alors
que les albigeois occupent les abords de la ligne de but adverse, c’est Thomas Fournil, impérial toute la rencontre, qui adresse un nouveau coup de pied à suivre au cordeau en direction de Geoffrey Palis, lequel cette fois ne laisse aucune chance à la défense héraultaise en général et en particulier à son vis a vis Sabir Gmir et marque en coin. L’essai ne sera pas transformé. (22-8).
Dès lors les jeux sont faits. Certes le « hommes » de François Ramoneda, ne baissent pas la garde. Ils se lancent dans un baroud d’honneur pour justement sauver l’honneur en tentant de marquer un essai. Mais la défense albigeoise reste intraitable. Toutes les velléités d’attaques sont stoppées net et c’est Romain Barthélémy qui enfonçait le clou suite à une attaque relayée par trois albigeois le long de la touche en trouant la défense adverse pour le quatrième essai, lequel sera bonifié. On est à l’heure de jeu . La domination est totale pour les Albigeois qui, sauf catastrophe, sont assurés du point de bonus offensif. Deux minutes ne se sont pas écoulés ( 62°) que les héraultais, acculés sur leur ligne de but, se voient sanctionner d’un essai de pénalité pour antijeu notamment de Mathieu Cambérabéro qui plaque un adversaire sans ballon alors qu’il y a le feu à la maison.
« Sur la fin du match, le banc et notre fraîcheur physique ont fait la différence dans l’occupation. Il y a eu pas mal de points positifs en deuxième période. Bref on est ravis d’être cinquième ce soir » constate Laurent Baluc-Rittener, tout en reconnaissant que ce résultat dès lors qu’il confirme le maintien en Pro D 2 des Albigeois, marque un tournant de la saison : « Des tournants il y en a plein au cours de la saison. Ces deux réceptions d’équipes qui venaient chercher des points étaient pour nous un gros tournant de la saison. On ne savait pas trop où se situer depuis le début de la saison. Ce sont des matchs compliqués à jouer parce que ces équipes là ont encore plus d’envie que nous pour sortir de la zone rouge, mais aujourd’hui on a montré que l’on veut exister. Maintenant on peut très humblement ne plus regarder vers le bas et essayer de regarder vers le haut ».
REACTIONS D’APRES MATCH
Henry Broncan : “Cela nous fait cinq points. Bien sûr que nous sommes contents parce que Béziers est une équipe qui s’accroche en général partout. Elle nous a inquiété dans le domaine de la mêlée, mais je crois que nous nous sommes rassurés sur les mauls et sur l’occupation au pied en seconde mi-temps.
Le maintien n’est pas mathématiquement assuré mais c’est vrai que l’on ne va pas pleurer. On pense qu’il est pratiquement assuré et j’espère que la blessure de Baluc Rittener ne sera pas grave car ce serait un coup dur pour nous. On va faire le point avec le médecin. Après je suis très heureux de la prestation du jeune Siccardi qui est un amateur. Il est venu dans ce club parce qu’il voulait faire des matchs en équipe une et il savait qu’à Castres il était barré. Il a participé pendant plus d’une demie heure à la rencontre. C’est très satisfaisant.
Le groupe , c’est notre force.
Il faut rendre hommage à Rémy Ladoge pour la qualité de la défense, à Jean Christophe Bacca pour les mauls et à Christian Puygauzeau pour les actions offensives derrière. J’ai un très bon staff avec aussi le préparateur physique Philippe Coutures parce qu’il a permit qu’en deuxième mi temps on domine les débats sur la condition physique. »
Sofiane Guitoune : « en deuxième mi-temps on voulait pratiquer un jeu de mouvement mais avec le mauvais temps ce n’était pas possible donc on a mené des mauls. La reconversion (temporaire) à la mêlée pour suppléer à la sortie temporaire de Chateaurayanaud, une fois ça va !
Tout le monde est heureux d’avoir marqué des essais comme Laurent Fourcade, Romain Barthélémy , Geoffrey Palis qui n’en avait pas marqué depuis longtemps, et moi aussi. On n’a jamais douté de notre victoire si ce n’est en première mi-temps où on se fait un peu peur en jouant un peu à l’envers. Le ballon était mouillé et on a fait tomber beaucoup de ballons alors que Béziers n ‘a rien fait si ce n’est de taper au pied. En deuxième mi-temps on a recentré notre jeu pour occuper du terrain. Le contrat est rempli. »
Jean Christophe Bacca : « Maintenant on va aller voir si on est capable de maintenir un niveau de jeu cohérent , ambitieux pendant quatre vingt minutes, ce qui ce soir n’a pas été le cas. Il faudrait greffer les 20 premières minutes de Narbonne et la deuxième mi-temps de Béziers pour avoir un match plein. On a encore quelques paramètres à travailler notamment sur la conquête , car ce soir Béziers qui a joué crânement sa chance et qu’il faut féliciter pour s’être accroché durant quatre vingt minutes, nous a posé de gros problèmes en mêlée fermée . Heureusement que notre conquête en touche a su régir à cette situation là, mais il va falloir travailler là-dessus parce que cela devient problématique surtout que l’on se déplace chez deux équipes dont la mêlée fermée est réputée pour sa qualité, que ce soit la Rochelle ou Grenoble.
Ce match nous a permis de marquer cinq essais sous la pluie autrement dit dans des conditions météo difficiles et de n’en prendre aucun, ce qui est très important. On eu une bonne défense en seconde mi-temps, agressive, on s’est appuyé sur notre système en première mi-temps en restant un peu passif mais cela n’a pas craqué. Par contre en deuxième mi-temps on a construit notre système sur l’agressivité et ça c’est plutôt positif. Il va falloir que l’on soit encore plus rigoureux dans la gestion, que l’on prenne en compte les paramètres comme la météo parce qu’on continu de jouer sur le même tempo que ce soit sous un grand soleil, sous la pluie, à trois heure de l’après-midi ou à six heures du soir alors que ce ne sont pas les mêmes contraintes. C’est un pêché de jeunesse parce que notre groupe affiche une envie, un surcroît de vaillance ce qui fait que dans la gestion nous sommes un peu dépassés parce que notre plus vieux trois-quart à 24 ans et si on sort Van der Westhuyzen devant c’est aussi relativement jeune. C’est la problématique d’un groupe jeune. Mais on pu constater encore une fois qu’il y avait de l’envie et cela est très positif. »
Laurent Fourcade : « Béziers ne nous a pas surpris par son jeu en première mi-temps parce que l’on s’attendait vraiment à un gros défi, à une grosse mêlée. Je crois que toutes les équipes dans ce championnat se valent comme on a pu le constater en première mi-temps. Henry et Jean Christophe ont su nous remettre dans l’axe à la mi-temps pour qu’on enchaîne enfin des temps de jeu parce car Béziers a réussi à nous faire douter en première mi-temps. Mais nous avons mis les choses dans l’ordre et le bonus est venu petit à petit. Maintenant on peut aller à la Rochelle avec une pression positive »
La vérité peut aussi émerger de l’adversaire et plus particulièrement de l’entraîneur de Béziers, Philippe Benetton : « On est tombé sur une belle équipe d’Albi. On a tenu une mi-temps puis on a craqué en début de seconde mi-temps. Les satisfactions que je peux sortir de cette rencontre c’est que l’on a pas lâché et qu’aujourd’hui on a trouvé une mêlée. Cela fit plusieurs semaines qu’on le savait mais on l’ a confirmé aujourd’hui face à une équipe qui prétend jouer les phases finales. On construit petit à petit mais c’est vrai que maintenant il y a urgence parce que il ne reste plus que treize matchs et il faut que l’on se sorte de cette situation. J’avais averti qu’Albi n’allait pas faire de jeu. Je savais qu’ils allaient privilégier les touches et les regroupements. C’est ce qu’ils ont appliqué pour fait pour gagner. On n’a pas eu la réaction qui s’imposait.
Maurice Charbonnières.