
SCA : Henry BRONCAN SE LIVRE A CŒUR OUVERT
« Au niveau de la situation financière du club, les dirigeants ont fait un effort énorme et je les en remercie, la situation du club est plus sereine qu’il y a un an »
« Mon objectif est le maintien du SCA dans le rugby professionnel »
« Je souhaiterais conserver le plus de joueurs de l’effectif de cette année pour la saison prochaine. Ce ne sera pas facile, nous ne pourrons les garder tous, car certains sont déjà très sollicités notamment par les clubs du Top 14 qui sont derrière nos meilleurs joueurs.»
« Maintenir Albi dans le rugby professionnel c’est un travail de tout les jours, de longue haleine »
« Avec les joueurs je passe plus de temps dans mon bureau que sur le terrain. Ce sont des garçons en plein doute qu’il faut rassurer»
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Après une trêve des confiseurs de quinze jours, Henry Broncan a repris ses activités au sein du club et s’est d’ores et déjà attelé à la préparation du déplacement à Tarbes, dimanche (15h) qui clôturera la phase aller du championnat de Pro D 2. Puis avec les réceptions de Narbonne et de Béziers, les déplacements à La Rochelle et Grenoble, démarrera la phase retour avec en point de mire une éventuelle qualification pour la phase finale.
Toutefois, le chemin reste encore long avant de viser vers le haut du tableau.
C’est ce que précise le coach « jaune et noir » en guise de vœux pour 2011/2012.
« Mes vœux seront pour souhaiter que soient résolus tous les problèmes qui ont affecté le SCA depuis quelque temps. Je crois que sur le plan financier, les dirigeants ont fait un effort énorme, et je tiens à les remercier car je sens qu’il y a un peu plus de sérénité dans ce club parce que l’an dernier à cette époque-ci c’était extrêmement difficile pour nous tous.
Ensuite actuellement commencent les contacts pour composer déjà la nouvelle équipe pour la saison 2012-2013 en sachant que l’on voudrait essayer de conserver le maximum des joueurs qui ont évolué sous notre bannière cette saison. Ce ne sera pas facile parce qu’on a quelques joueurs qui se sont mis en valeur et qui bien sûr sont sollicités par des clubs plus riches, plus huppés, certain évoluant dans la catégorie supérieure.
Le troisième souhait, c’est même le premier, c’est de finir du mieux possible cette saison 2011/2012 qui est quand même une saison très difficile puisque le niveau de la D 2 a sensiblement augmenté. Cette Pro D 2 est très homogène. On peut aussi bien basculer vers les premières places que vers les dernières, donc on est dans une situation qui est quand même instable. J’espère qu’elle sera le moins instable possible ».
EFFECTIF REDUIT : INCONVENIENT OU AVANTAGE ?
Evidemment, un effectif restreint avec 23 licences pro et 10 licences Espoirs reste un des problèmes majeur auquel doit répondre le groupe en général et en particulier le staff sportif. Toutefois, un effectif réduit n’offre-t-il pas certains points positifs dont celui de créer un groupe plus solidaire. ?
« C’est certainement l’avantage des petits effectifs, puisque tout le monde est concerné, tout le monde est serré, tout le monde sait que plus ou moins que l’on va jouer régulièrement. Après, l’inconvénient c’est de jouer trente matchs très durs. On a des joueurs qu’il faut beaucoup préserver aux entrainements, lesquels n’ont pas l’intensité qu’on voudrait y mettre, ce qui se traduit parfois sur le terrain par un manque d’engagement également car, comme on dit, on joue comme on s’entraine. A partir du moment où on ne met pas trop d’engagement à l’entrainement parce qu’on ne veut pas user des joueurs, on ne veut pas les blesser etc… cela rejailli un peut sur les performances de l’équipe. Mais on le sait, on ne peut pas faire autrement. Les joueurs, quelque fois, sont frustrés parce qu’ils aimeraient bien « se rentrer dedans » un petit peu dans la semaine. Il faut tout simplement préserver la santé du groupe restreint. »
Faut-il rappeler que le rôle du coach est double : assurer le présent avec les résultats et ensuite assurer l’avenir, avec la composition du groupe. L’un est-il plus facile à assumer que l’autre ?
« Les deux sont très compliqués. Assurer le présent ce n’est pas facile parce que je le répète, nous visons une saison charnière. Mon but, bien sur, c’est d’essayer par tous les moyens de faire qu’Albi reste dans le monde professionnel. Parce que je sais que si on est rétrogradé en Fédérale 1, avec deux qualifiés sur 48 équipes, c’est extrêmement difficile de remonter. Ce serait un sacré coup d’arrêt que de se retrouver en Fédérale 1. Mon projet, avec l’aide de mes dirigeants et des joueurs qui sont sur le terrain, c’est de maintenir Albi le plus haut possible au niveau de cette Pro D 2, c’est un travail collectif et de longue haleine ».
Pour Henry Broncan la saison 2012/2013 c’est demain.
« C’est certain que l’on est déjà dans la préparation de la saison prochaine et on est déjà actuellement attaqué par des clubs de Top 14 qui sont derrière nos meilleurs joueurs. Cela veut dire que l’on a quand même de très bons joueurs. Certains d’entre eux vont s’en aller, on ne pourra pas faire autrement. Moi, j’aurais bien aimé garder le même effectif parce que nous aurions l’homogénéité qui nous a manqué un petit peu au début de la saison. Je m’aperçois déjà que cela ne sera pas possible parce que tout simplement des joueurs, grâce au travail du staff sportif, ont beaucoup progressés et sont actuellement sollicités à un très bon niveau. On ne pourra pas lutter. Alors, à nous déjà de trouver des joueurs capables de remplacer les départs. Quelques uns on les fera monter de la formation interne du club. Je suis quand même heureux de voir que les Espoirs sont seconds et j’espère qu’ils monteront de division la saison prochaine pour qu’ils puissent disputer des rencontres d’un meilleur niveau, nos Crabos sont seconds, les Reichel quatrièmes. Cela veut dire que derrière ça pousse bien et on espère bien qualifier peut être trois équipes, au moins deux, ce qui serait très bien pour le Sporting Club Albigeois et surtout pour l’équipe Première parce qu’on le sait que le temps du recrutement à tout va est terminé pour le SCA. tout simplement parce que financièrement on ne peut pas s’aligner donc on a intérêt à fournir par la base de très bons joueurs à l’équipe Pro ».
S’il est humain qu’un joueur sollicité choisisse de changer d’air pour évoluer socialement et professionnellement, force est de constater que pour certains recrutés au plus haut niveau, il y a parfois des lendemains qui déchantent. Attention donc au miroir aux alouettes.
« Evidemment on dit souvent aux joueurs : attention un tel joueur est parti pour un club du Top 14 et il ne joue pas. Mais on ne peut pas empêcher un homme d’être ambitieux, l’ambition fait partie de la carrière d’un joueur professionnel qui espère jouer naturellement au plus haut niveau. Pour ce qui me concerne en tant qu’éducateur et non en tant qu’entraineur, je suis capable de lui dire il faut que tu tentes ta chance au niveau au dessus, même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec mes dirigeants sur ce plan là. L’éducateur que je suis, dans ma carrière, n’a jamais empêché de partir un joueur qui méritait de jouer dans la catégorie au dessus. Et même certaines fois, je l’ ai poussé à partir. Dans la vie il faut aller toujours au bout de soi-même. Si on n’essaye pas d’aller au bout de soi-même, on n’y arrive pas à s’élever.. J’ai toujours poussé mes joueurs à aller au bout d’eux même. Le bout de soi-même pour quelques uns c’est la Pro D 2, pour d’autres c’est le Top 14, pour d’autres enfin c’est aussi la Fédérale 1. »
L’entraîneur se doit d’être en quelque sorte un peu « le papa » de ses joueurs ?
« Le grand père presque pour moi ! Vous savez la partie mentale est énorme, la psychologie aussi. Je passe beaucoup plus de temps avec mes joueurs dans mon bureau que sur le terrain.
Ils ont besoin d’être rassurés car, vous savez, ce sont des garçons qui sont en plein doute, qui ont besoin d’évoluer en confiance faute de quoi ils ne sont pas bien. Donc il faut qu’ils sentent qu’ils ont la confiance de leur entraineur même si certains sont un peu déçus parce qu’ils jouent un peu moins souvent que les autres. C’est un problème de choix, il faut essayer de ne pas se tromper, de faire taire les sentiments qu’on peut avoir sur les qualités des uns et des autres. Après je crois beaucoup au travail. La citation de la semaine que je donne aux joueurs, je la reprends d’une pensionnaire du Camp de Lurs s’adressant à ses camarades qui se plaignaient mais avec raison de leur situation " Tu penses qu’il faut se plaindre tout le temps. Essaye plutôt de trouver la lumière, essaye plutôt de trouver la sortie, l’issue ". Mes joueurs qui estiment ne pas assez jouer doivent chercher la Lumière, il faut qu’ils cherchent à sortir de l’obscurité. On y arrive tout simplement par le travail. Par le travail j’ai vu des joueurs, qui avaient un passé comblé en tant qu’international junior, moins de 20 ans etc…et qui n’ont jamais réussis à devenir de bons joueurs de rugby professionnels parce qu’à un moment donné ils n’ont pas suffisamment travaillé et d’autres qui étaient des obscurs, des sans grade et dont on pensait qu’ils ne réussiraient pas une carrière et qui l’ont réussie parce qu’ils ont beaucoup bossé. Dans la vie, je crois, le travail intelligent permet d’aller au bout de soi-même. La plus belle des victoires c’est celle que l’on remporte sur soi même »
Maurice Charbonnières