SCA/ UNE CLASSE "BIBERON" PRETE A TOUS LES EXPLOITS
PRO D 2 / SCA : UNE CLASSE « BIBERON » PRÊTE A TOUS LES EXPLOITS
Le Sporting Club Albigeois est incontestablement un club atypique : alors qu’au terme de la saison 2010-2011, une véritable hémorragie a vu 19 de ses joueurs cadre émigrer vers d’autres cieux, le recrutement mis en œuvre par Henry Broncan s’est orienté presque exclusivement vers de jeunes joueurs. Au point que d’aucuns, au coup d’envoi de la saison, limitaient l’ambition au seul maintien en Pro D2 . Regarder vers le haut du tableau était alors considéré comme une utopie voire de la provocation.
Or, force est de constater qu’au terme de la 11eme rencontre, le SCA pointe en quatrième position au classement général quant au nombre de points ( 30) en compagnie de Mont –de- Marsan et Pau, mais pour cause de meilleur goal average Mont-de-Marsan avec + 33 est classé 4eme, Albi + 29 cinquième et Pau +19 sixième..
A cela une raison : après cinq victoires à domicile et cinq défaites en déplacement, les albigeois ont réalisé l’exploit d’aller battre Oyonnax sur ses terres.
Au sein du groupe de « jeunots » constituant la moitié de l’effectif albigeois, Thomas Fournil continu de caracoler en tête du classement des meilleurs réalisateurs de Pro D 2, avec au compteur 166 points (49 pénalités, 8 transformations et 1 drop) devant Maxime Petitjean (Aurillac) avec 162pts, Sébastien Fauqué (La Rocelle) 155 pts et Antoine Lescalmel (Carcassonne) 143pts, Frédéric Manca, le palois, pointant à la 5eme place avec 123pts.
Autant d’excellents résultats pour une formation atypique dans la mesure où elle ne compte aucun joueur étranger et est composée d’une douzaine d’éléments licenciés Espoirs, Reichel, etc…
CLASSE BIBERON
Bref, une classe « biberon » évoluant avec enthousiasme face à une armée de clubs composée de vieux « grognards » et d’une multitude de joueurs étrangers.
En plus, Les « hommes » de Laurent Baluc-Rittener , invaincus à domicile sont crédités de points de bonus défensif à chaque sortie et ils ont l’outrecuidance d’aller s’imposer à l’extérieur face à l’une des grosses cylindrés de Pro D 2, Oyonnax. Rares auraient été ceux qui auraient parié un Euro sur cette éventualité.
Le SCA est incontestablement un cas d’école, ce qui n’est pas pour déplaire à Henry Broncan et Jean Christophe Bacca, les deux coaches « jaune et noir ».
« Non l’équipe, après sa victoire à Oyonnax n’est pas à un tournant de sa saison. Par contre, que l’équipe ait pris conscience de la capacité qu’elle a, çà, oui. Mais avec le staff on en est persuadé depuis un moment. Il nous fallait un match référence, c’est à Oyonnax qu’il a eut lieu. Par contre après, il faut garder un peu d’humilité et se contenter aussi du fait que c’est une équipe qui nous a posé beaucoup de problèmes car le match se joue sur un coup de dès. On aurait très bien pu perdre et on aurait dit encore une sixième défaite du club albigeois. On sent qu’il y a un potentiel dans cette équipe, mais il va falloir se tourner vers le prochain adversaire, Mont de Marsan »….tempère Jean-Christophe Bacca.
Chaque match impose une stratégie particulière. Celle-ci s’élabore lors des séances vidéos et ensuite sur le terrain d’entrainement. « On savait qu’Oyonnax allait nous imposer un gros combat, c’est une équipe qui nous ressemble par certains côtés, qui allait vouloir imposer un gros défi devant, et ensuite qu’il viendrait chercher le milieu du terrain avec une ligne de trois quart assez massive, donc on a essayé de bétonner cette zone là. Cela a bien fonctionné puisque Oyonnax n’a jamais pu franchir dans l’axe du terrain et on savait que s’ils franchissaient l’axe du terrain cela deviendrait très compliqué de les contrer. Donc en les empêchant de développer leur jeu, on a réussi à contrer cette équipe qui nous n’en doutons pas jouera les premiers rôles jusqu’au bout ».
Bref Albi a réalisé un exploit avec une équipe « classe biberon ? « C’est un qualificatif que l’on peut revendiquer parce qu’on est au minimum de contrats professionnels, donc on fait avec les jeunes. Je crois qu’un club comme Albi ne peut maintenant rêver, évoluer, dans le très haut niveau ou le haut niveau qu’en passant par la formation. C’est ce que l’on est en train de mettre en place. C’est la marque « Henry Broncan » dont la capacité principale c’est de voir chez les jeunes des potentiels pour l’équipe première. Après, à nous à les mettre en configuration pour que ce soit le plus efficace possible. On met cela en place et je crois que c’est l’avenir du Sporting Club Albigeois. Une « classe biberon » entourée de quelques cadres, qui les font avancer. On sent bien qu’il y a une effervescence autour de cet état de fait. Ainsi on voit les Crabos en phase de se qualifier, les Reichel également, même les cadets font un très bon début de saison, les Espoirs étaient invaincus jusqu’à la semaine dernière face à une équipe de Périgueux qui alignait une dizaine de joueurs de plus de 23 ans avec la dérogation qu’ils ont. Cette qualité dans un effectif de jeunes tient aussi au fait qu’ils pensent avoir aussi un jour la chance d’évoluer en équipe première, ce qui est le cas. Donc cela les incite à beaucoup plus travailler, à beaucoup plus s’investir. Et on voit les résultats avec les Dedieu, El Jaïr, Djebablah , Lacroix, toute cette classe « biberon » qui est en train d’émerger et qui je l’espère va faire les beaux jours du Sporting. »explique Jean –Christophe Bacca,
Cette classe « biberon », un pis-aller ou une chance pour Albi ?
« C’est certainement une chance mais tout d’abord c’est un plaisir d’avoir à les entrainer, car ce sont des garçons qui sont très à l’écoute, qui essayent vraiment de mettre en place ce qu’on leur demande, donc déjà c’est un plaisir pour nous. Après, une chance je ne sais pas. Si Albi avait la possibilité de se payer quinze vedettes de très haut niveau, peut-être qu’elle ne le ferait pas, mais je pense quand même qu’il y a des situations où avoir quelques joueurs expérimentés et qui soient capables d’amener une plus value, cela pourrait être aussi intéressant pour le club? Le problème ne se pose pas, nous sommes dans cette configuration là. On doit passer par les jeunes, c’est notre avenir, ce sont nos possibilités. On s’y fait et pour l’instant cela ne marche pas aussi mal que ça ! »
Maurice Charbonnières








