PRO D2/ SCA 15-NARBONNE 18.
PRO D 2 : NARBONNE-SCA 18-15
mi-temps 12-10
Narbonne :Stade des Sports et de l’Amitié : Maurice Charbonnières
Terrain excellent, temps couvert, vent fort favorable à Narbonne en 1ere mi-temps.
2 000 Spectateurs,
Arbitre : Laurent Millotte (Ile de France)
SCA
Palis- Kraska, Hecker, Bonnet (Kaiser 29°), Lacroix (Kuruvoli 60°)- (o) Bouillon, (m) Chateauraynaud-(Guenin 40°) Baluc-Rittener, Misse (Lane 59°), Raynaud- Damiani (Mondoulet 59°), André- Koberidze (,Gau 42°) Maynadier (Ponnau 59°) , Frize (Dedieu 44°)
2 Essais, Palis 22°-Ponnau 75°
1 Transformation : Bouillon 23°
1 Pénalité : Bouillon 11°-
Carton jaune : Maynadier 28°(anti Jeu)
NARBONNE
TH. Poitrenaud- Vunisa,Vakacegu, Kaufana, Rattez-(o)n Huxley (Ruiz 29°,(m) Valentine- Jenkins, Salavea (Borwin 66°), Beaux (cap)- Aurignac (Harisson 70°), Harmse(Smith 47°), Vuli, List (Ficten54°)
6 Pénalités : Huxley 6°-16°-Valentine 29°-Ruiz 30°-52°-62°
DEUX ESSAIS …Un POINT (de bonus) C’EST TOUT
Laurent Baluc-Rittener : « Notre équipe a du mal à se découvrir une âme à l’extérieur »
Henry Broncan : « Ce qui me gêne le plus ce sont les points abandonnés en chemin…. Certains joueurs affichent des lacunes pour la Pro D2 . Je suis reconnaissant aux joueurs de donner tout ce qu’ils peuvent.»
Jean-Jacques Castanet, Président du SCA « Je voudrais que notre équipe retrouve son jeu de début de saison où elle affichait beaucoup plus d’envie, d’enthousiasme».
Cette défaite concédée face à Narbonne avec comme lot de consolation le minimum syndical avec le point de bonus défensif, peut-elle remettre en cause les ambitions du Sporting à jouer un rôle de premier plan dans ce championnat 2012-2013?.
Ce serait aller un peu vite en besogne voire en affirmation car ce championnat n’en est pas encore à la moitié de son calendrier et beaucoup de « surprises » peuvent encore émailler un championnat très difficile. Disons que cette nouvelle défaite en déplacement n’arrange pas dans l’immédiat les affaires des « jaune et noir » pas plus que ne le firent les défaites à Béziers, à Pau, à Carcassonne, mais qu’elle pose fortement une question au groupe : « N’avez vous collectivement comme seule ambition que de jouer le ventre mou du championnat voire le seul maintien, où visez vous le haut du tableau ? ».
Car samedi, à Narbonne, devant des tribunes guère remplies, les « hommes » de Laurent Baluc-Rittener ont passé une partie de leur temps et notamment durant toute la première mi-temps à défendre face à une équipe dont il faut quand même préciser qu’elle jouait la peur au ventre car une nouvelle défaite s’apparentait à tutoyer dangereusement la Fédérale 1. Durant les quarante premières minutes les Albigeois ont été dans l’incapacité de mettre du rythme. Toutefois, jeter l’eau du bain et le bébé serait injuste car il ne faut pas oublier qu’Albi s’est « offert » deux essais pour n’en concéder aucun ce qui donne une réelle idée de cette force réelle des Albigeois qu’est la défense. Le premier essai venait suite à un ballon perdu par les Narbonnais dans les 22 d’Albi et botté au loin le long de la touche par Yohann Chateauraynaud poursuivi par Gabriel Lacroix qui, du plat du pied, offrait à Geoffrey Palis qui se montrait le plus rapide, de pointer au pied du poteau (l’arbitre devait consulter son assesseur avant de prendre sa décision) , permettant ainsi aux Albigeois de prendre la feuille de match (6/10 )dès la 22eme minute. Gag ou opportunité pour cet essai sans passes ? Qu’importe.
Le second essai n’était pas le fait du hasard mais était l’aboutissement d’ une phase durant laquelle les Albigeois avaient retrouvé leurs vertus. A la 75 minute un coup de pied à suivre de Nicolas Kraska obligeait l’arrière audois Thomas Poitrenaud à sortir en touche dans ses 22. Sur la touche qui suivait, Laurent Baluc-Rittener alertait Cyriac Ponnau lequel aplatissait en coin et ramenait le score à 15 à 8. A partir de là tout était possible comme tout aurait pu être possible à Carcassonne si au lieu de choisir de transformer une pénalité dans les ultimes minutes les Albigeois avaient demandé la mêlée, les audois de la Préfecture audoise étant au bout du rouleau. Ce sont les aléas du rugby et les grandes incertitudes qui font la beauté de ce sport!
Seulement voilà à Narbonne, Sylvain Bouillon, qui, au poste d’ouvreur, avait en charge de remplacer pour les tirs Samuel Marques parti en sélection, a « vendangé » 4 coups de pied sur 5 et laissé en route 11 points (ils ont coûté cher au final) sur 3 pénalités (20° 48 mètres en coin-49° 38 mètres en moyenne position-54° 38mètres en moyenne position plus la transformation de l’essai). Une telle carence (pourquoi n’avoir pas donné sa change à Geoffrey Palis ?) ne pardonne pas lorsque les canonniers audois (Julian Huxley, Joshua Valentine et Christopher Valentine) « s’offraient » six réussites sur sept tentées avec la victoire au bout sans jamais vraiment tutoyer la ligne de but « jaune et noir ».
Au même titre qu’au sein des supporters ayant effectué le déplacement c’était tristesse dans les vestiaires albigeois. Déception générale que confirmait d’ailleurs Laurent Baluc-Rittener, le capitaine « jaune et noir » : « Oui, encore une déception. Je crois que l’équipe a du mal à se découvrir une âme à l’extérieur. Ce n’est pas facile. Tout n’est pas à jeter parce que menés à 18-10 on revient quand même à 18-15. Jusqu’à la fin on les fait douter mais c’est vrai que cela n’a pas été un très grand match. Il y a eu pas mal de déchets. Les deux équipes en deuxième mi-temps ont joué avec la peur de mal faire ou la peur d’avoir envie de trop bien faire ce qui a limité le jeu de part et d’autre. Oui un peu déçu parce qu’il y a trop de déchets. C’est dommage car on présente un autre visage à domicile. Jusqu’à quand ? Il ne faut pas que l’on se repose sur nos prestations à domicile mais que l’on soit une équipe avec des certitudes et que l’on prenne du plaisir un peu partout parce que la dépense d’énergie elle y est. Il faut que l’on arrive à mettre des choses en place et à concrétiser à l’extérieur » .
DEUX VISAGES
Force est de constater que, comme le reconnaît le capitaine albigeois, Albi présente un double visage : celui d’un club conquérant, ne lâchant rien sur son herbe du Stadium face aux meilleures équipes (ce qui n’est pas le cas de Béziers et Narbonne) et le Sporting jouant à l’extérieur laissant aux vestiaires ses valeurs que nul ne lui conteste. Une fois de plus le Sporting a eu du mal à rentrer dans match . Laurent Baluc Rittener le reconnaît : « Surtout en première mi-temps on a passé beaucoup de temps à défendre. Les Narbonnais nous ont fait beaucoup courir. C’est une équipe qui a joué, qui a porté le ballon et quand tu défends et que tu subis eh bien tu les laisses dans l’avancée et ils ont réussi à enchaîner des séquences de jeu. On le savait, il fallait qu’on gagne des duels pour les empêcher de mettre du volume dans leur jeu et on n’a pas réussi à le faire ».
Rappelons que ce sont les Narbonnais qui ont ouvert le score sur la première d’une longue série de pénalités dont les premières à l’actif de l’ouvreur Julian Haxley (5° O/3). Sylvain Bouillon remettait les pendules à l’heure des 22 en moyenne position ( 11eme pour 3/3). Le butteur narbonnais repassait les plats à la 15° des 48 mètres face aux poteaux (3-6). Sylvain Boullion ratait son premier coup de pied (48 mètres en moyenne position). Et c’était la séquence du premier essai albigeois( voir plus haut)(22eme et 10-6).
Alors que les visiteurs avaient beaucoup de peine à mettre la main sur le ballon subissant de nombreux temps de jeu de la part de l’adversaire qui faisait vivre le cuir, la défense albigeoise avait dressé les barbelés. C’est à nouveau le canonnier local qui faisait parler la poudre à la demie heure de jeu 15 mètres face aux poteaux ( 10-9) puis l’ouvreur étant sorti sur blessure remplacé par Christopher Ruiz, c’est le demi de mêlé Joshua Valentine qui en ajoutait un de plus 15 mètres face aux poteaux suite à une action d’antijeu totalement inutile qui se traduisait pas un carton jaune pour Clément Maynadier. Les audois rentraient aux vestiaires à l’heure des citrons avec la feuille de match 10-12.
DEUXIEME ACTE
La prestation des Albigeois s’améliorait à la reprise des hostilités, le coaching aidant.
Henry Broncan : « Je suis très heureux de la façon dont les remplaçants sont entrés dans le match et dans les 20 dernières minutes on a été à deux doigts de créer presque un hold up puisque sur la première heure de jeu il y a des joueurs qui ont montré qu’ils avaient beaucoup de mal à ce niveau là ». Tandis que Sylvain Bouillon enchaînait les pénalités ratées, les Narbonnais continuaient à envoyer le cuir entre les perches portant le score à 18 –10. Un temps de jeu des Narbonnais portait les hostilités dans les 5 mètres albigeois sans que pour autant les locaux concrétise. Les albigeois avaient retrouvé leurs vertus et le fidjien et ailier Lambert Kuruvoli, entré à l’heure de jeu à la place de Gabriel Lacroix qui était à créditer d’un très bon match, semait la panique dans la défense adverse , les audois sauvant les meubles en dégageant en touche dans leurs 22. Cette action marquait la révolte des albigeois qui devait se conclure par l’essai de Cyriac Ponnau.
La menace d’un « hold up », selon le qualificatif d’Henry Broncan, se dessinait dans les ultimes minutes suite à une pénal touche ramenant les Albigeois dans les 22 audois. Mais la balle était perdue sur un en avant . Une ultime mêlée accordée par l’arbitre avec introduction audoise offrait au demi de mêlée narbonnais de dégager en touche sans état d’âme.
Au retour aux vestiaires c’était soupe à la grimace côté joueurs mais également côté staff sportif et dirigeants.
Certes Henry Broncan se voulait positif faisant contre mauvaise fortune bon cœur « La déception non, on ramène un point de bonus de Narbonne. A un quart d’heure de la fin on est menés 18-10 et on est allé chercher le bonus défensif. Alors pour moi ce n’est pas une grande déception. On est tombé sur une belle équipe de Narbonne, avec un excellent butteur, la preuve 18 points sur 21 et nous on a laissé onze points en route et c’est cela qui me gêne le plus».
RÉACTIONS D’APRÈS MATCHES MITIGÉES
En réalité les points laissés en route ne sont pas les seuls regrets du coach : « Je pense que sur le dernier quart d’heure et aussi sur les cinq dernières minutes, alors que l’on est menés 18-15, et que l’on bénéficie d’une touche dans les quinze mètres il est fait encore une annonce catastrophique . Par ailleurs des renvois catastrophiques, beaucoup de fautes en première mi-temps, nous avons été beaucoup pénalisés. Au début de la deuxième mi-temps nous en étions à 10 pénalités à 3 pour des fautes justifiées. Je félicite l’arbitre qui a su parfaitement tenir les deux équipes. L’arbitrage a été très cohérent. Après on sait que l’on a des joueurs qui tout simplement affichent des lacunes au niveau de la Pro D 2. Ils ont beaucoup de mal à s’adapter à ce niveau parce qu’ils sont jeunes et inexpérimentés. Donc on peut être un peu déçu mais vous savez il ne faut pas croire qu’on a une grande équipe. Il n’y a que ceux qui ne connaissent pas le rugby qui peuvent croire le contraire. Qui a parlé une seule fois de jouer la montée. Ce sont des fous qui parlent de jouer la montée même de qualif. Les joueurs font tout ce qu’ils peuvent et je leur en suis reconnaissant de donner tout ce qu’ils peuvent. »
Ces propos sont naturellement à prendre avec prudence car prononcés suite à une défaite et l’on sait que le terme de défaite ne fait pas partie du vocabulaire d’Henry Broncan.
En réalité la réponse aux interrogations que tout un chacun a le droit de se poser sur la qualité du groupe c’est aux joueurs de la donner dès samedi à 15 heures lors de la réception d’Aix qui vient de « s’offrir » le scalp de Dax et qui ne viendra pas à Albi la fleur au fusil. Les provençaux se sont sortis de la zone dangereuse mais pour autant n’ont pas assuré totalement leur avenir en Pro D 2. Ce sont les joueurs et eux seuls qui ont la clé pour sortir du ventre mou du championnat puisque rétrogradé à la 9eme place. Un trou s’est creusé par rapport à ceux qui postulent au Top 5. Mais c’est loin d’être un gouffre et de bons résultats à venir pourraient tout remettre en cause.
D’ailleurs Jean-Jacques Castanet dans les couloirs des vestiaires audois se refusait au catastrophisme : « Déception oui et non parce que si nous avions eu des butteurs réguliers on aurait pu repartir avec la victoire. Mais j’aimerais bien que l’on retrouve un, peu notre jeu de début de saison où on affichait un peu plus d’envie, un peu plus d’enthousiasme. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais on ramène un point déjà c’est pas mal, mais, bon. C’est la faillite du butteur, oui, mais nous avons été dominés quand même. Henry sait quoi dire à ses joueurs qui savent eux aussi qu’ils sont passés à côté de quelque chose »
Maurice Charbonnières








